Né le 15 mai 2004 pour faire de la prévention en milieu musulman dans le cadre de la lutte contre le VIH Sida, le Réseau des Ecoles Madrassa en Côte d’Ivoire (REMCI) est une organisation non gouvernementale qui a son siège social à Bouaké.
Il a également d’autres domaines d’intervention notamment dans l’éducation de base des enfants dans les écoles coraniques. M. Zakaria Koné, le Président nous invite à mieux découvrir sa structure.
Créé au départ pour les écoles madrassas (communément appelé « écoles coraniques ») , le REMCI a par la suite été ouvert à toutes les actions impliquant la communauté musulmane. Il vise à promouvoir et encourager l’éducation islamique en Côte d’Ivoire, à contribuer au développement socioculturel et pédagogique des institutions d’éducation islamique.
Les activités du REMCI
Le REMCI a contribué à mettre en place les clubs de santé scolaire VIH/Sida dans les écoles madrassas dans les villes de Bouaké, Man, Korhogo en y prônant l’abstinence puisque nous sommes dans le cadre scolaire. Ce projet de prévention du VIH/sida en milieu scolaire est très important pour nous car pour la seule région de Bouaké, il existe 30 centres coraniques avec un effectif de 2.000 élèves. Nous savons aussi que la progression du VIH/sida est favorisée par certaines pratiques coutumières. Prenons le cas d’un homme qui décède. Pour des raisons familiales, on fait de son petit frère le chef de famille. Sans faire d’examens médicaux, il épouse la veuve alors qu’on ne connait pas la cause du décès de son ainé. Au bout de quelques temps, le petit frère a des signes du VIH/ Sida… Ce genre de pratique (le lévirat), n’a rien à voir avec notre religion qui est l’islam, mais c’est plutôt nos coutumes qui déteignent sur nos comportements.
Il y a également le fait où c’est la femme qui décède et qu’on prenne sa sœur pour la donner en mariage au mari (le sororat). Quelque temps après, on constate que les deux sont malades. Il y a également la pratique de l’excision qui est très élevée dans nos communautés. Il est temps qu’on arrête ces pratiques qui sont monnaie courante dans nos régions pour freiner l’élan du sida dans nos communautés. Pour cela, il faut que la communauté soit formée aux risques qu’elle prend en continuant ces coutumes.
Nous renforçons les capacités de nos Imams et des leaders communautaires sur la prévention avec les généralités sur le VIH/sida, les dangers des pratiques coutumières comme celles citées auparavant, le soutien psycho social des PVVIH, la santé de la reproduction, la promotion de la fidélité dans le mariage, les OEV, la vulnérabilité de la femme, etc.
A leur tour, les imams sensibilisent et soutiennent leurs fidèles à travers leurs sermons dans les mosquées et dans les associations. Ces leaders religieux sont également formés sur les différents domaines d’intervention du REMCI. Les responsables du REMCI ne gèrent que le volet administratif des activités car les véritables acteurs sont les leaders religieux. Nous avons une satisfaction en ce sens qu’emmener des imams à sensibiliser les communautés sur le VIH/sida est particulier, mais il fallait oser. Nous avons réussi ce pari et nous espérons étendre cette toile sur toute l’étendue du territoire. Pour l’instant, le REMCI est présent dans le Centre, l’Ouest, et dans le nord de la Côte d’Ivoire à travers 17 villes et 115 employés.
Nos financements
Nous bénéficions d’un financement de CARE International depuis 2007, qui nous permet de former nos leaders religieux et de contribuer à leur indemnité de transport liée aux activités qu’ils mènent. Le REMCI s’est également investi dans la santé alimentaire avec la distribution de kits scolaire et de protection de la petite enfance. Nous bénéficions de l’aide du Programme Alimentaire Mondial (PAM) affecté des écoles madrassas. Ce sont 6.242 bénéficiaires de 15 écoles avec une dotation mensuelle de 19, 498 tonnes de vivres à Bouaké et Korhogo.Nous avons également le projet Lean Season du PAM étendu sur 14 localités pour 3.251 ménages avec un volume de 238.948 tonnes de vivres à distribuer. Les moyens fournis dans le cadre de ces projets nous permettent de faire face aux charges de notre personnel administratif et de nos locaux.
Nos difficultés
Nous pensons que nous pourrons surmonter tous les obstacles avec l’aide de Dieu; car agir dans le milieu religieux n’est pas chose aisée. Surtout que le VIH/sida est encore considérée comme une maladie honteuse alors qu’elle fait des ravages dans nos communautés. Nous voulons les emmener aussi à changer de mentalité sur certaines de nos coutumes.
Notre souhait serait véritablement d’étendre nos activités sur tout le territoire ivoirien et même au-delà pourquoi pas ? Continuer à impliquer davantage de leaders religieux dans nos activités; mais surtout, toujours satisfaire nos financiers et les populations pour mieux éradiquer cette pandémie qu’est le VIH/sida et la pauvreté dans nos communautés.