Un prêtre anglican séropositif instruit les leaders chrétiens de Côte d'Ivoire à la lutte contre le VIH/SIDA
Une conférence panel entretenue par le prêtre anglican Gidéon Baguma Byamugisha sur le thème « leadership pour la lutte contre le sida et le développement communautaire intégral » s’est tenue le jeudi 28 janvier 2010 au Palais de la Culture de Treichville, en présence de la Première Dame de la République de Côte d’Ivoire, Mme Simone Ehivet Gbagbo, du Ministre de Lutte contre le sida, le Dr Christine Nébout Adjobi et de nombreux leaders religieux.
Le professeur Isaac Keïta de la Faculté Théologique Evangélique de l’Alliance Chrétienne de Côte d’Ivoire, en introduisant la conférence, a révélé que selon les résultats de l’enquête sur les indicateurs du sida en Côte d’Ivoire de 2005, le taux de séroprévalence était de 10,9% chez les femmes évangéliques et 4,5% chez les hommes catholiques. C’est ce qui justifie l’urgence et l’importance de la tenue de cette conférence.
Au cours de sa présentation, le révérend Gidéon Baguma a donné un témoignage édifiant de sa vie, partant de la découverte de son statut séropositif en 1992 à son état actuel, où le virus est indétectable dans son corps. Il a soutenu que son combat est celui contre la discrimination et la stigmatisation des PVVIH surtout au sein de l’Eglise même. Il s’est présenté comme une preuve vivante et assez convaincante pour dissuader les usagers de cette pratique qui, selon lui, sont parfois des responsables religieux. « Si un PVVIH est rejeté, il désire se venger en contaminant expressément. Aujourd’hui ma vie tient par la volonté de DIEU, car je suis marié et père de deux enfants séronégatifs», a-t-il affirmé.
Plusieurs leçons ont pu être tirées de son témoignage : l’amour du prochain qui réconforte et donne espoir ; la possibilité de prévenir de nouvelles infections, de soutenir les PVVIH et leur donner une vie agréable. Pour lui, les progrès réalisés dans le domaine de la santé sont de la volonté de Dieu, qui donne la connaissance, et en qui il est sage de se confier.
Le témoignage du Révérend, plein d’espoir a touché le Ministre de la Lutte contre sida, Dr Christine Nebout Adjobi, qui a félicité les organes chrétiens impliqués dans la lutte. Elle a encouragé tous les leaders religieux à conduire leurs fidèles vers un bien-être complet en les instruisant sur la maladie. Elle a souligné l’importance du test de dépistage du VIH chez la femme enceinte et a souhaité qu’un dépistage systématique soit fait à toute femme enceinte en visite médicale.
Pour clore cette conférence, la première Dame, Mme Simone Ehivet-Gbagbo, a soutenu que l’ignorance, la stigmatisation et la discrimination sont des facteurs à considérer dans cette lutte. La charge revient donc aux leaders religieux de former leur peuple sur le VIH/sida et les emmener à manifester de l’amour pour les PVVIH. « Car l’amour est le socle de la religion. On ne peut pas prétendre aimer Dieu et ne pas soutenir ou encadrer son prochain d’à côté, encore moins les malades, quelque soit leur état». Ce genre d’encadrement affectif permettrait de réduire considérablement le taux d’infection national et peut-être continental.
Le Révérend Gidéon Baguma Byamugisha, prêtre anglican ougandais, né en 1959, a découvert en 1992 qu’il était séropositif pour le VIH. Il fut le premier prêtre africain à déclarer publiquement qu’il était séropositif, abolissant ainsi une des barrières les plus importantes dans la lutte contre le VIH, à savoir le silence basé sur les préjugés. Il a contribué à sensibiliser le public à l’égard de la maladie dans les communautés religieuses dans son propre pays, à travers le continent africain et à échelle internationale.
Le Révérend a organisé le réseau africain de responsables religieux vivant avec ou personnellement affectés par le VIH et le sida (ANERELA) en 2003. Cette organisation compte plus de 2.000 membres dans 39 pays. En mai 2009, la Fondation japonaise Niwano pour la paix lui a décerné le 26e prix Niwano de la paix, en reconnaissance de ses efforts visant à assurer le respect de la dignité et des droits des personnes atteintes du VIH/ sida.






