Déconcentration du ministère
Entretien avec le STCO
Par décret n° 2007-566 du 10 Août 2007 portant organisation du Ministère de la Lutte contre le Sida, le Président de la République de Côte d’Ivoire, Président du Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS), sur proposition de Mme le Ministre Christine NEBOUT ADJOBI, a créé le Secrétariat Technique chargé de la Coordination Opérationnelle (STCO), dirigé par le Dr Joséphine DIABATE CONOMBO. Dans un entretien, le premier responsable du STCO parle des missions assignées à cette structure.
Dr DIABATE, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est le STCO ?
C’est le Secrétariat Technique chargé de la Coordination Opérationnelle. Il a été créé par le décret n° 2007-566 du 10 août 2007 portant organisation du MLS. En effet, une meilleure coordination de la réponse nationale au VIH a conduit le MLS à réorganiser ses services suite aux recommandations du Plan stratégique national 2006-2010 ; cela a abouti à la création du Secrétariat Technique Chargé de la Coordination Opérationnelle (STCO).
C’est une structure qui est rattachée au Cabinet du Ministre de la Lutte contre le sida et qui assure la coordination technique de toutes les interventions en matière de lutte contre le VIH/sida en Côte d'Ivoire. A ce titre, le STCO assure la coordination pour le compte du MLS, facilite l’organisation des sessions des instances de coordination comme le Conseil National de Lutte contre le Sida, le Comité Interministériel de Lutte contre le Sida, le Forum des partenaires et rend compte au Ministre de la Lutte contre le sida.
Comme vous le savez, l’organisation de la lutte contre le sida fait du Président de la République, le Président du Conseil National de Lutte Contre le Sida (CNLS), c’est l’organe suprême de la lutte contre le sida. Le Ministre de la Lutte contre le sida en assure le Secrétariat technique. Le STCO, après concertation avec les autres Directions Centrales du Ministère et les autres intervenants de la lutte contre le sida dans des espaces qui existent à cet effet, fait le point de la coordination et rend compte au Ministre de la Lutte contre le sida qui, à son tour, rend compte au CNLS.
Quelles sont les missions attribuées au STCO ?
Nos missions tirent leur essence des missions du Ministère de la Lutte contre le sida qui a en charge la coordination des interventions de la lutte contre le sida. Plus précisément, au terme du décret sus cité, nous avons des attributions qui peuvent se résumer en cinq axes principaux :
1) coordination des interventions et le suivi de la tenue des réunions statutaires des organes de coordination (CNLS, CIMLS et Forum des Partenaires) ; 2) facilitation de l’élaboration des politiques et stratégies et de l’élaboration des rapports trimestriels des acteurs ;
3) suivi et coordination des flux financiers de la lutte contre le VIH/Sida ;
4) gestion de l’information et opérationnalisation des CTAIL ;
5) facilitation du renforcement des capacités des acteurs.
Nous entendons parler de plus en plus des CTAIL. Alors, qu’est ce que la CTAIL ?
Les Cellules Techniques d’Appui aux Initiatives Locales(CTAIL), sont des unités déconcentrées du MLS rattachées au STCO comme le stipule le décret et cela sous la supervision du Cabinet. La création de ces unités émane des recommandations faites par le Plan Stratégique National 2006-2010. La CTAIL est composée d’un conseiller régional, d’un chargé de programme et d’un chargé de suivi évaluation. C’est le conseiller régional qui assure le secrétariat des organes déconcentrés notamment du Comité Régional et du Comité Départemental. Comme vous le savez, la lutte contre le sida est un problème de développement et appelle une approche multisectorielle, c'est-à-dire que tous les secteurs sont touchés par l’épidémie du VIH et doivent s’impliquer dans la lutte contre le sida. Il s’agit des secteurs de la Santé; de l’Education; de l’Agriculture; de la Femme, la Famille et des Affaires sociales; de la Jeunesse et des sports; de la Défense; de l’Intérieur; des Transports; du Tourisme…. mais également de tous les autres Ministères. On dit que la lutte est multisectorielle.
Vous comprenez alors que le rôle de la CTAIL est de faciliter la coordination intersectorielle dévolue aux Comités régionaux et départementaux, pour la consolidation des données avec les secteurs impliqués afin de rendre véritablement compte de la lutte contre le sida dans la région ; son rôle n’est nullement de se substituer aux acteurs de mise en œuvre des différents secteurs. Quelles sont les missions des CTAIL? Les principales missions des CTAIL sont :
1) faire de l'appui conseil aux comités décentralisés et aux acteurs terrain;
2) Aider à l'exécution des missions des comités décentralisés ;
3) Préparer et organiser les réunions des comités décentralisés;
4) suivre et faire exécuter les décisions des comités décentralisés ;
5) aider à la production pour le compte des comités décentralisés des rapports trimestriels d'activités ;
6) assurer la remontée des informations relatives à la coordination et au suivi évaluation au niveau central;
7) établir et mettre à jour sous l'autorité des comités décentralisés, la cartographie régionale des interventions de lutte contre le sida.
Il découle de ces missions que la CTAIL ne doit pas faire de la coordination au sein des différents secteurs qui se chargent eux mêmes de leur coordination intrasectorielle. Elle agit à un niveau stratégique pour rendre compte de la multisectorialité de la lutte contre le sida par une coordination entre les secteurs.
Les CTAIL couvrent-elles tout le pays ? Malheureusement non. La conjoncture financière du pays, dans ce contexte de crise, n’a pas permis au Ministère de le faire. Mais je dois dire qu’un plaidoyer de Mme le Ministre de la Lutte contre le Sida a permis de créer 10 cellules techniques d’appui aux initiatives locales au niveau des régions du Bas Sassandra, du Fromager, des Lagunes, des Lacs, des Montagnes, du Moyen Comoé, des Savanes, du Sud Comoé, de la Vallée du Bandama et du Zanzan. Les zones qui restent à couvrir sont au nombre de neuf et cela constitue un challenge pour le Ministère de la Lutte contre le Sida afin de pouvoir assurer la coordination des interventions de lutte contre le sida sur toute l’étendue du territoire national.
N’y a-t-il pas double emploi avec les directeurs départementaux de la santé qui sont déjà déployés sur le terrain ?
Non, il n’y a pas double emploi, car chaque structure a ses attributions dans la lutte contre le sida. Il faut savoir que la contribution de chaque secteur est déterminante pour une réponse nationale efficace contre le VIH/sida.
Que pouvons-nous attendre des CTAIL
Ce qui est attendu des CTAIL, c’est qu’elles impulsent la multisectorialité au niveau des régions et des départements et facilitent la plate-forme d’échanges entre les différents acteurs du secteur public, de la société civile y compris des organisations des PVVIH, du secteur privé et des partenaires au niveau décentralisé, puis de rendre compte à l’instance de coordination régionale qui est habilitée à prendre les décisions.
La CTAIL facilite la mise en œuvre des trois principes directeurs de la lutte contre le sida :
1) Un cadre unique d’action qui est représenté par le plan opérationnel régional de lutte contre le sida qui définit toutes les activités de VIH/sida menées dans la région ;
2) Un cadre unique de coordination représenté par le Comité Régional de lutte contre le sida au niveau régional ;
3) Un cadre de suivi évaluation à l’échelon régional.
Vous conviendrez avec moi que les attributions sont différentes, l’un fait de la coordination dans son secteur, l’autre fait de la coordination entre les secteurs. Ce ne sont pas deux entités à opposer, mais deux entités complémentaires qui doivent travailler en synergie.
Qu’est ce que la coordination dans la lutte contre le sida? On définit la coordination comme étant l’action de mettre ensemble ou de synchroniser le travail de tous les intervenants pour un résultat efficient. Depuis deux décennies, des efforts tant nationaux qu’internationaux sont faits dans le cadre de la prévention, de la prise en charge et du suivi des malades du VIH. En Côte d’Ivoire, les intervenants sont multisectoriels. En effet, les acteurs du secteur public, du secteur privé, de la société civile sont très engagés dans la lutte contre le sida.
Lorsque l’on se met ensemble, cela exige un minimum d’organisation pour pouvoir rendre compte des efforts de chacun en sachant q
ui fait quoi ? Où? Quels sont les moyens utilisés ? Et pour quels résultats? Afin d’éviter les duplications. Pour ce faire, le dispositif institutionnel prévoit des instances comme le Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS), le Comité Interministériel de Lutte contre le Sida (CIMLS) et le Forum des Partenaires de la lutte contre le sida. Il existe également des instances de coordination au niveau décentralisé (Comités Régionaux et Comités Départementaux). On peut retenir enfin que la coordination, c’est aussi gérer efficacement l’information globale, l’information stratégique, pour orienter la prise de décision.
Dr DIABATE, que pouvons nous retenir au terme de cet entretien ? Comme je l’ai signifié au début de cet entretien, le MLS est dans une dynamique de coordination nationale, avec la création des CTAIL. Sur 19 régions programmées, seulement 10 en sont pourvues. C’est pourquoi nous profitons de cette opportunité pour remercier tous nos partenaires qui nous accompagnent dans la mise en œuvre de ce processus et inviter les autres à leur emboiter le pas afin que d’ici 2010 la coordination de la lutte contre le sida soit une réalité dans toutes les régions du pays.
Source : Bull MLS