A l’instar de certains pays africains, la Cote d’Ivoire s’est engagée dans la mise en œuvre du processus d’estimation des ressources et dépenses enregistrées dans le domaine du VIH/sida avec l’appui technique et financier de l’ONUSIDA L’estimation des flux des Ressources et dépenses de lutte contre le VIH/sida (REDES en anglais) est une méthodologie développée depuis quelques années par l’ONUSIDA, qui permet de suivre les traces des ressources allouées au VIH/sida depuis les sources jusqu’au destinataire final.
Ce système permet d’identifier toutes les sources de financement, à les quantifier, à avoir un aperçu clair des interventions, à connaitre les différents bénéficiaires et les objets de dépense pour chaque année d’exercice. Loin d’être un audit, le REDES est une approche scientifique applicable à tous les pays ; avec à la clé, des réponses qui comblent les besoins en information des partenaires et mettent à l’abri tous ceux qui sont en charge de la gestion des ressources. Mieux, avec les résultats du REDES, la planification de l’année budgétaire et l’orientation des activités à venir se basent sur la réalité en termes d’allocation de ressources. Le REDES a été conçu comme un outil pour collecter, estimer, observer, organiser l’information et accroître la compréhension des ripostes à la propagation du virus du SIDA.
Le REDES prend ses origines au 17ème siècle dans l’histoire des comptes sociaux. C’était une méthode de capitalisation des diverses composantes nationales. Cette méthode a donné lieu aux comptes de santé qui est un outil de suivi systématique, exhaustif et régulier des flux de ressources dans le système de santé d’un pays avec pour objectif de répondre à quatre questions essentielles : d’où provient l’argent ? Où va l’argent ? Quelles sortes de biens ou services ont été achetés ? Quels en sont les bénéficiaires ?
Par la suite, des sous-comptes ont été développés notamment dans le domaine du VIH/sida, la Tuberculose et le Paludisme. C’est justement ces sous-comptes qui ont inspiré la méthode REDES.
Premier pays de la sous-région à avoir expérimenté cette méthodologie, le Burkina Faso produit depuis trois ans, des rapports sur l’estimation des ressources et dépenses de lutte contre le Sida qui font l’objet d’une diffusion solennelle en présence du Président de la République et de tous les partenaires. Cela traduit clairement une volonté de transparence aux yeux de la communauté nationale et internationale d’une part et laisse découvrir de facto, une approche scientifique de coordination basée sur la rigueur et le sérieux d’autre part.
Depuis le mois de février 2009 donc, la Cote d’Ivoire est à l’école du REDES, avec l’appui de l’ONUSIDA et la bienveillance du Ministère de la Lutte contre le Sida, une trentaine d’acteurs ivoiriens issus de différents secteurs d’activité, à savoir, le public, le privé et de la société civile, ont été formés le 18 février à la mise en œuvre et à l’appropriation de l’outil. Tous ont fait le pari de relever ce grand défi. Cette formation est suivie de collecte des données REDES des années 2006, 2007 et 2008. L’analyse et le traitement de ces données permettront à la Côte d’Ivoire de disposer avant la fin du premier trimestre 2009, d’un document sur les ressources et dépenses de lutte contre le sida enregistrées au cours de ces trois années.
A l’analyse, le REDES est un outil de bonne gouvernance. L’engagement spontané et sans réserve du Ministère de la Lutte contre le Sida et de bien d’autres ministères à accompagner ce processus jusqu’à son terme et à en faire une pratique courante est le gage qu’il s’inscrit pleinement dans la vision de l’Etat ivoirien.